Pourquoi je ne donne jamais de liste d'aliments interdits
22 avril 2026 · 5 min de lecture · Joachim Bensoussan
Le problème des listes noires
Interdire un aliment fonctionne remarquablement bien... pendant deux à trois semaines. Passé ce délai, la restriction crée mécaniquement une obsession : plus un aliment est interdit, plus il occupe de place mentale, jusqu'à l'épisode classique de craquage suivi de culpabilité. Ce schéma n'est pas un manque de volonté — c'est une réaction prévisible à la privation.
Le vrai coût des listes noires n'est pas nutritionnel, il est comportemental : elles apprennent à classer la nourriture en "autorisé" et "interdit", une grille de lecture qui rend toute vie sociale normale (repas de famille, restaurant, anniversaire) source d'anxiété.
Ce qui fonctionne à la place
Plutôt qu'interdire, je travaille sur la structure des repas : qu'est-ce qui compose l'assiette la majorité du temps, dans quelles proportions, à quelle fréquence. Un aliment donné n'est ni bon ni mauvais dans l'absolu — c'est la fréquence et le contexte qui font la différence.
Concrètement, ça veut dire construire d'abord des repas qui tiennent (protéines suffisantes, fibres, une source de graisses de qualité), et laisser une vraie place aux repas plaisir plutôt que de les traiter comme des accidents de parcours à rattraper le lendemain par une restriction punitive.
Un exemple concret
Un client qui "craque" sur une pizza le vendredi soir n'a pas raté son objectif de la semaine — sauf si cette pizza était censée être interdite et devient donc, dans sa tête, la preuve d'un échec. Si elle fait partie du plan depuis le départ, elle n'est qu'un repas parmi les vingt et un de la semaine. Le résultat sur la durée est le même, mais le rapport à la nourriture est complètement différent — et c'est ce rapport-là qui détermine si l'alimentation tient sur des mois ou s'effondre au premier imprévu.
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